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« Les services industriels des grandes villes sont nos meilleurs alliés dans le cadre du tournant énergétique »

(VERSION PROVISOIRE) Excusez-moi de prendre la parole après le Conseil fédéral. Nous avons eu un débat en commission auquel Madame Leuthard, présidente de la Confédération, n’a pas assisté. Or elle vient de faire une intervention qui porte sur des points qui n’ont pas été réellement discutés en commission. Donc je crois que, si on est d’un avis différent, on a le droit de dire deux mots pour préciser sa propre position.

D’abord, je voudrais annoncer mes liens d’intérêts. Je n’en ai strictement aucun dans ce dossier. Je ne suis membre d’aucun conseil d’administration; je ne suis proche d’aucune compagnie d’électricité de quelque sorte qu’elle soit. En revanche, il y a quelques années, j’étais conseiller d’Etat. A ce titre, pendant douze ans, j’ai participé aux travaux des Services industriels, donc je connais un peu ce qui se passe dans le domaine du marché de l’électricité.

Le premier élément que je souhaiterais relever, c’est que l’utilisation de la technique du prix moyen a pour conséquence qu’elle est pénalisante pour les distributeurs d’électricité. En d’autres termes, avec la technique du prix moyen, on empêche les distributeurs d’électricité de pratiquer des prix plus favorables aux gros consommateurs, ceux qui sont dans le marché libéralisé, et on leur impose de modifier le tarif fixé pour les clients captifs, les petits consommateurs. Cela me paraît totalement contraire à un principe de liberté de marché. Le principe de la liberté de marché, c’est justement de permettre aux distributeurs d’électricité de conserver leurs gros clients en leur accordant des prix préférentiels. La technique du prix moyen les empêche de procéder ainsi, ou en tout cas complique le fait d’accorder des prix préférentiels aux gros consommateurs.

Le deuxième élément, et c’est surtout cela l’objet de mon intervention, c’est que si on veut véritablement aller dans le sens du tournant énergétique, on doit s’appuyer sur les forces qui peuvent injecter de l’argent et qui peuvent déployer des actions à cet effet. Aujourd’hui, ces forces sont les distributeurs. Concrètement, qui fait le travail sur le terrain? Ce sont les services industriels de Zurich, ce sont les services industriels de Bâle, ce sont les services industriels de Genève, auxquels s’ajoutent les services industriels de Lausanne et de Berne, et quelques autres. Ce sont les services industriels des grandes villes; ce sont eux qui, sur le terrain, mènent les actions pour encourager les gens à consommer moins d’électricité et à se tourner vers les énergies renouvelables. Il ne faut pas assécher les ressources de ces distributeurs d’électricité qui sont nos meilleurs alliés dans le cadre du tournant énergétique. C’est ce qui motive l’intervention que je me permets de faire maintenant. Il faut leur laisser quelques moyens. Leur laisser quelques moyens, c’est rejoindre la position du Conseil des Etats, c’est « festhalten », c’est continuer à vouloir laisser une certaine liberté à nos distributeurs.

Excusez-moi encore pour cette intervention.

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