11.3520 – Interpellation « Ne serait-il pas temps qu’un anti-nucléaire préside l’IFSN? »
Texte déposé
Considérant que la crédibilité de l’inspection fédérale de sécurité nucléaire (IFSN) est étroitement liée à l’esprit critique de ses membres, n’est-il pas temps qu’un anti-nucléaire préside l’IFSN?
Développement
Alors que le Conseil fédéral a demandé à l’ISFN un rapport sur la sécurité des installations nucléaires, on apprend, deux jours avant la reddition du rapport, que le président de l’IFSN a décidé de se récuser de façon à éviter tout reproche de conflit d’intérêt.
Indépendamment de ce que le caractère tardif de cette annonce a d’insolite (le président peut-il vraiment estimer que son statut n’était pas de nature à influer la rédaction du rapport?), et des questions qu’elle suscite quant au statut actuel du dit président, elle confirme une proximité toute naturelle entre l’autorité de surveillance et les entités surveillées.
A cet égard, Monsieur Walter Wildi, ancien président de commission de sécurité nucléaire, relève que la présidence de l’IFSN n’apporte pas une source de revenu suffisante pour vivre. Conséquence directe, les membres de l’IFSN « et en premier lieu son président, restent fortement engagés dans leur domaine professionnel » (ATS 4 mai 2011).
Sur ce point Monsieur Wildi ajoute: « Les collaborateurs de l’IFSN côtoient leurs collègues des centrales nucléaires tous les jours. Ils s’occupent des mêmes installations que les exploitants. Il est en conséquence logique qu’une certaine connivence s’installe. Il manque aujourd’hui en Suisse un organe de surveillance plus stratégique qui ne se perde pas dans la gestion du quotidien, mais qui garde la vue d’ensemble. »
Et de conclure: « A mon sens, il faudrait arrêter ces trois vieilles centrales le plus rapidement possible. Mais c’est une question politique: les installations nucléaires représentent toujours un risque. Ensuite, il faut savoir si l’on accepte les conséquences d’un éventuel accident nucléaire ou pas. » (Citations tirées de la Tribune de Genève du 5 mai 2011).
Dans l’attente de la création de « l’organe de surveillance plus stratégique » doté du sens critique nécessaire, la désignation d’un anti-nucléaire à la tête de l’IFSN pourrait représenter une première mesure permettant à cet organisme d’acquérir une pleine crédibilité auprès de l’opinion publique. On peut d’ailleurs parfaitement considérer que la question de savoir si un membre du conseil de l’IFSN est favorable ou défavorable à l’énergie nucléaire n’influe en rien sur son indépendance et souhaiter dans le même temps que l’IFSN soit crédible, ce qui est l’objet de cette interpellation.